Analyse de La Chute d’Icare de Bruegel l’Ancien par Coralyne Fallet, Augustine Midavaine, Océane Desse, Camille Blervacq et Yolène Her

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son fils Icare, retenus prisonniers dans le labyrinthe du roi Minos en Crète, tentèrent de s’échapper en confectionnant des ailes à l’aide de cire et de plumes. Dédaignant les conseils de son père, grisé par sa toute nouvelle capacité, Icare vola trop près du soleil. Son imprudence provoqua la fonte des ailes, sa chute et sa noyade dans la mer.

C’est cet épisode de la mythologie grecque que représente le tableau La Chute d’Icare de Bruegel l’Ancien. Ce peintre appartient au mouvement culturel qui se nomme l’Humanisme. L’Humanisme consiste à mettre l’homme au centre de toutes les préoccupations et favoriser le progrès et l’évolution de l’esprit humain.

Dans cette représentation du mythe d’Icare, on distingue de nombreuses oppositions. Pour le constater plus aisément, il suffit de partager le tableau en deux parties. La ligne de démarcation apparaît en suivant la rive. La mer et le ciel se trouvent ainsi en opposition avec la terre. Les deux premiers éléments renvoient à l’univers qui reste majoritairement inconnu à l’époque, objet de fantasmes et de mythes, qui n’a pas encore livré tous ses mystères, tandis que le continent symbolise l’univers concret, le réel, ce qui nous est familier.

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Malgré le titre du tableau, ce n’est pas Icare que Bruegel a voulu mettre en évidence, et on ne remarque le personnage qu’après une longue observation : il se situe au second plan dans la mer et on ne distingue que l’une de ses jambes hors de l’eau. Il est en train de se noyer, la chute a déjà eu lieu. Il représente l’image du mythe, de l’imaginaire.

Lorsque l’on est devant le tableau, le regard est surtout attiré vers l’homme au premier plan, l’agriculteur qui travaille la terre. A l’inverse d’Icare, il représente le réel, ce qui est concret. Les deux personnages s’opposent de par leur place dans le tableau et de par leur environnement : l’homme s’oppose au mythe.

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Au bord de l’eau on distingue aussi un berger qui lève les yeux au ciel, tandis que l’agriculteur a le regard rivé sur le sol qu’il laboure : les deux aspirations de l’Homme sont ainsi révélées : d’une part la recherche de l’Idéal incarnée par le berger, d’autre part l’appartenance aux réalités matérielles pour le paysan. Les deux regards se croisent sur la ligne de démarcation qu’on a évoquée plus tôt, dynamisant le jeu des oppositions. Celui-ci est d’ailleurs renforcé par le fort contraste de couleurs avec un premier plan terrestre plutôt sombre et un second plan très clair, surplombé par un soleil rayonnant.

Dans cette œuvre, Bruegel oppose donc de manière subtile l’Homme et la réalité du monde auquel il appartient aux mythes et leurs personnages imaginaires. L’individu est mis en avant au détriment des fantasmes mythologiques, mais une part de lui-même est encore tournée vers la séduction de l’ailleurs. Les bateaux qui s’éloignent vers l’horizon montrent cela et rappelle le désir d’exploration inhérent au 16ème siècle.

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