[S3 LEXICOLOGIE] Lexicologie, les dérivations , les compositions, procédés non classiques 1-1

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INTRODUCTION : les différents types de mots

Les mots simples, constitués d’un seul morphème, s’étudient très vite en morphologie lexicale : il n’y a pas grand-chose à dire sur eux, ils ne peuvent pas être décomposés en éléments, en unités significatives plus petites. Ex : table, moustique, vapeur, maison, monument, hameçon… (ils ne sont pas forcément constitués d’une seule syllabe).

Rappel : un morphème est une unité minimale porteuse de sens (un radical, un préfixe ou un suffixe, une désinence sont des morphèmes).

Attention : en dehors de l’Histoire de la langue, les mots sont à étudier selon une perspective synchronique (et non diachronique) : si un préfixe n’est plus senti comme tel, on considère qu’il fait partie du radical et qu’il s’agit d’un mot simple. Exemples :

  • biscuit sigifie « deux fois cuit »  ; mais qui le sait encore ?
  • bureau est un diminutif de bure (burel) qui signifie « couverture de meuble faite de cette étoffe de laine / table à écrire / pièce où on a disposé ce meuble »  ; mais cette origine n’est plus connue.
  • Le secrétaire n’est plus l’endroit où l’on dépose des secrets (= « tabernacle », fin XIIème), ni le confident des secrets (comme chez Corneille encore).

Si des mots ne sont plus sentis comme appartenant à la même famille, on les considère comme des mots simples différents : ainsi, muer et remuer (on ne voit plus le rapport de sens entre les deux). A l’inverse, il y a quelquefois des familles d’adoption, comme nous l’indiquons ci-après.

Les autres mots, complexes, sont appelés mots construits ; ils sont formés d’au moins deux morphèmes, et ont été constitués selon plusieurs procédés, dont les plus fréquents relèvent de la dérivation, ou de la composition. On dit qu’ils sont motivés, c’est-à-dire qu’ils sont perçus en association avec une forme simple originelle, ils ne reposent pas simplement sur eux-mêmes. C’est une association à l’intérieur de la langue, alors que les mots simples sont associés à une réalité.

A titre d’exemples de motivations… fausses, certains mots sont apparentés à une famille d’adoption : souffreteux est faussement rapproché de souffrir, alors qu’il est dérivé d’un ancien mot, souffraite = « disette » ; ouvrable ne vient pas de ouvrir, mais de ouvrer ; faubourg ne vient pas de faux bourg, mais de fors bourg (foris = « dehors »).

Le lexique d’un dictionnaire comprend environ un quart de mots simples et trois quarts de mots construits. Au contraire, une conversation banale (orale) utilise à peu près 80% de mots simples, soit la proportion inverse.

 1 – Les dérivations

2- Les compositions

3 – Procédés non classiques

I – LES DÉRIVATIONS

1) La dérivation (proprement dite)

Un mot dérivé est formé par l’adjonction d’un ou plusieurs affixes (préfixes ou suffixes, soudés) à un morphème lexical appelé base ; la base ultime, minimale est appelée radical. Rappel : préfixe au début, suffixe à la fin ! Les désinences (pluriel, féminin…) ne sont pas des affixes, et ne participent pas à la dérivation, à l’exception des désinences verbales d’infinitif.

Notons que certains ouvrages comptent environ 260 préfixes et 175 suffixes en français ! A vrai dire, certains éléments relevés dans ces listes relèvent plutôt de la composition savante, même s’ils tendent à fonctionner comme préfixes ou suffixes (comme anti).

Toutes les combinaisons sont possibles :

  • Préfixation seulement : un préfixe exprimant un contraire (in- / dé-) ou un redoublement (re- / ré-) s’ajoute par exemple à un verbe : faire / défaire / refaire [à noter que dé- est un préfixe d’éloignement, qui entraîne l’idée de défaire ce qui a été fait, comme dans détricoter].
  • Suffixation seulement, comme pour les diminutifs : fille / fillette ; ou la formation d’un nom à partir d’un verbe (saler > salaison), d’un adjectif à partir d’un verbe (regretter > regrettable), d’un adverbe à partir d’un adjectif au féminin (doux > doucement).
  • Accumulation de préfixes et suffixes : redéploiement, dépersonnalisation.
  • Ce qu’on appelle la dérivation parasynthétique : la formation d’un mot directement avec préfixe et suffixe ; l’étape intermédiaire n’existe pas. Ex. : imbattable (*battable n’existe pas) ; embourgeoiser (*bourgeoiser n’existe pas). On remarquera pour ce dernier mot comme pour beaucoup d’autres que la désinence d’infinitif, bien que cette opinion puisse être discutée, se comporte syntaxiquement comme un suffixe, et pourrait être considérée comme un suffixe verbal de niveau zéro, puisqu’elle sert à changer la catégorie grammaticale, ce qui est une particularité des suffixes, sans apporter d’élément sémantique ou morphologique significatif (il existe d’authentiques suffixes verbaux, comme –iser, -ifier). Autres exemples : encourager, décourager (*courager), aguerrir (*guerrir).

La base peut être assez diverse. Dans un certain nombre de cas, elle est facilement identifiable : fierté (nc) vient de fier (adj). Dans d’autres cas, c’est plus flou : danseur (nc) vient-il dedanser (v) ou de danse (nc) ? Le danseur est celui qui danse ; la danse est le fait de danser ; le verbe a donné un nom par dérivation, l’autre par dérivation inverse (voir plus loin), mais cela ne saute pas aux yeux.

On peut former des mots sur des bases étrangères : débriefer (questionner au retour d’une mission) vient du nom un briefing (une réunion d’information avant une mission). Ou sur des sigles : CAPES > capésien ; SMIC > smicard ; sida (SIDA) > sidéen. Ou sur des constructions syntaxiques entières : le je-m’en-foutisme ; un jusqu’au-boutiste.

Quand la base est une racine latine, on peut parler de dérivation savante, mais il faut vérifier si on n’est pas plutôt dans la composition savante, ou l’emprunt pur et simple au latin, comme dans putréfaction (qui a remplacé pourrisson).

L’étude d’un mot dérivé, méthode :

  • On commencera par indiquer le procédé, et sa définition.
  • On précisera d’abord quel est le radical, et quelle est sa nature grammaticale.
  • A partir du radical, on retracera les étapes, et on précisera quel mot a servi à chaque fois de base au suivant. On peut avoir à signaler en cours de route des modifications morphologiques, dans la prononciation ou l’orthographe. On indiquera le cas échéant qu’une étape est sautée (dérivation parasynthétique). A chaque ajout d’un affixe, on précisera l’apport sémantique et, s’il y a lieu, la modification syntaxique.
  • Lors de la dernière étape, on donnera le sens global du mot, en s’appuyant autant que possible sur le radical, et en prenant bien garde à définir un nom comme un nom (un objet, une personne, une technique, etc.), un adjectif comme un adjectif (ex : « qui est apte à… »), etc.

 

Sur le plan morphologique : un préfixe est forcément invariable, mais on signalera, comme précisé ci-dessus, les changements éventuels, telle la modification de in– devant certaines consonnes : illisible, irrésistible. Variantes : mangeable / possible / soluble (= même suffixe, 3 allomorphes : notion de capacité). De même coopérer / concourir / commémorer (de cum : simultanéité, = « ensemble ») ; examen > examiner (ajout d’une désinence verbale d’infinitif, qui se comporte comme un suffixe verbal niveau zéro ; modification de l’orthographe et de la prononciation : –en (prononcé « in ») > in (prononcé i + n ; conformément à la prononciation : fin > finir). Une personne (nc) > personnel (+ suffixe d’adjectif) > personnaliser (+ désinence minimale de verbe ; changement phonétique et orthographique) > dépersonnaliser (+ préfixe exprimant un éloignement ou un contraire, dans le sens de « défaire ce qui a été fait »).

Le suffixe est variable selon la catégorie obtenue : un suffixe d’adjectif entraînera une variabilité en genre et nombre, et un nom variera simplement en nombre ; un suffixe d’adverbe (-ment / -ons) entraînera une invariabilité.

Le suffixe est toujours collé au mot de base, alors que certains préfixes peuvent posséder un reste d’autonomie, qui se manifeste par exemple par un trait d’union ou une apostrophe : le suréquipement / le sous-équipement / entr’ouvrir ou entrouvrir. En particulier, les préfixes qui viennent de prépositions ne sont pas toujours collés (entre, sous, contre).

Sur le plan sémantique, les préfixes et les suffixes ont le même effet : apporter une modification de sens par rapport à la base. Dans l’étude d’un mot, on précisera quelle est cette modification, en se méfiant des variantes ou des apparences :

  • embarquer : le préfixe em– signifie « dans » / emmener : il exprime indirectement l’éloignement (on prend avec soi).
  • incarner : in– = « dans » = en– / inactif : il indique un contraire (la plupart des cas)
  • rougeâtre, marâtre : suffixe péjoratif ou approximatif (= « pas bon, pas franc »)

Sur le plan syntaxique : un suffixe change généralement la catégorie grammaticale, il sert même à cela, alors qu’un préfixe ne la change pas. La preuve qu’une désinence (pluriel, féminin, imparfait…) n’est pas un suffixe, c’est qu’elle sert à confirmer la catégorie grammaticale, et non à la changer (voir le cours d’orthographe).

Il existe des suffixes de noms (-age, -ure, -aison, ation,  -ment…), d’adjectifs (-able), d’adverbes (-ment), de verbes (-iser, -ifier). Il n’existe pas des préfixes de noms, d’adjectifs, etc. La désinence d’infinitif change évidemment la catégorie, puisqu’elle sert à former un verbe.

Quelques suffixes ne servent pourtant pas à changer la catégorie grammaticale, puisqu’ils s’appuient sur elle : ce sont des diminutifs, ou des suffixes péjoratifs, approximatifs, oumélioratifs :

  • amour / amourette (diminutif)
  • vert / verdâtre (approximatif)
  • crier / criailler (péjoratif)
  • vin / vinasse (péjoratif)
  • célèbre / célébrissime (mélioratif)
  • chauffeur / chauffard (remplacement du suffixe normal par un suffixe péjoratif)
  • bricoleur / bricoleux (idem, suffixe populaire prenant une valeur péjorative)

On ne forme pas n’importe quel type de mot sur n’importe quel autre. Ainsi, il est très rare qu’un nom puisse en donner un autre directement par suffixation ; il y a généralement une étape verbale entre les deux, qui ne laisse pas de trace, puisque la désinence disparaît dans la suffixation suivante (règle > régler > règlement). Les adverbes en -ment se forment sur des adjectifs au féminin ; les adjectifs en –able / -ible / -uble se forment sur des verbes.

Ne pas chercher des affixes là où il n’y en a pas : quel est le préfixe dans enfant ? dans épinard ?

 

2) La conversion, ou dérivation impropre

C’est un procédé qui porte (portait) aussi les noms de transfert, transposition, translation

Un mot change de catégorie grammaticale sans changer de forme, c’est très courant, et très économique sur le plan de la langue, très facile à comprendre aussi :

Une blonde ; le vrai et le faux ; le rouge et le noir (adj. > nc)

Méthode :

  • Procédé, et définition du procédé.
  • Nature d’origine, et nature obtenue.
  • Modification sémantique.

Exemples de modifications sémantiques : « une fille blonde » ; « les choses vraies ou fausses » (dans des paroles, des affirmations) ; « la couleur rouge ou noire ».

Exemples de conversions :

  • Un frigidaire, une poubelle, du pinard, une Peugeot ; (NP > nc)
  • Le moi, un petit quelque chose, un rien (pronoms > nc)
  • Les pourquoi et les comment (adverbes > nc)
  • Le pour et le contre (prép. > nc)
  • Les interjections, mots-phrases, ont des origines diverses : Jésus-Marie-Joseph ! (NP) / bon ! (adj.) allons ! voyons ! tiens ! (verbes) attention ! (nc)
  • Avec des si, on mettrait Paris en bouteille. (conj de sub > nc)
  • Un frigidaire, une poubelle (noms propres > noms communs : antonomase)

Sur le plan de l’orthographe, ces mots peuvent conserver la morphologie de leur catégorie d’origine ; par exemple, on n’écrit pas des sis.

Notes : Pour certaines analyses, en grammaire, il faut penser que tout est a priori possible (bien que tout ne soit pas réellement possible). C’est-à-dire qu’un mot d’une certaine catégorie peut trouver un emploi correspondant à une autre catégorie.

Par exemple, pratiquement n’importe quel élément peut être employé comme nom commun, quand on l’utilise avec un déterminant :

    • des si – les si n’aiment pas les -rais
    • le qu’en dira-t-on
    • un petit je ne sais quoi
    • un moi d’abord les autres après s’il reste de la place

C’est un peu comme si l’on mettait cet élément entre guillemets, comme une citation. Dans un texte imprimé, on l’écrit en italiques.

De la même manière, un nom commun peut avoir exceptionnellement une fonction purement adjectivale, comme l’épithète. C’est le cas des adjectifs de couleur invariables, commecerise, citron, marron… ; par exemple, ce dernier est bien « senti » comme un adjectif, mais il ne peut pas s’accorder, au moins au féminin (le pluriel en marrons commence à entrer dans les moeurs). On continue à sentir qu’avec cerise ou citron, c’est une comparaison ; avec roseorange ou marron, on ne le sent plus.

Dès qu’on ne sent plus que ce mot est utilisé comme citation ou comparaison, il est complètement lexicalisé, il a changé de nature, et il tend à prendre la variabilité de sa nouvelle catégorie, quand ça ne pose pas de problème de sonorité ou de sens.

 

3) La dérivation inverse

Elle consiste à tirer un mot plus simple d’un mot plus long ; dans la pratique, on part souvent d’un verbe, qui donne la notion de base (fait, action), et pour former un nom, on enlève simplement la désinence d’infinitif, en formant ce qu’on appelle alors un déverbal :

  • Accorder > un accord
  • refuser > un refus
  • attaquer > une attaque
  • greffer > une greffe
  • choisir > un choix

Le problème, c’est que cela se situe sur un plan historique, et qu’il est parfois difficile de déterminer si c’est le verbe ou le nom qui est venu en premier. L’étude des définitions permet souvent de conclure : un refus, c’est « le fait de refuser », mais refuser, ce n’est pas « opposer un refus », c’est  « ne pas accepter ». Le nom se définit par référence au verbe, et non l’inverse.

Il existe deux adjectifs tirés (au XIIème siècle) de noms communs hérités du latin :

  • Châtain vient du nom une châtaigne, car il décrit une couleur de cheveux ressemblant à celle de ce fruit (castanea en latin).
  • Violet vient du nom une violette (même raison, viola en latin).

La méthode d’analyse est similaire à la précédente, avec indication de la syllabe retranchée.

II – LES COMPOSITIONS

La composition, c’est la juxtaposition de deux éléments (au moins) qui peuvent servir par ailleurs de bases à des dérivés ; c’est-à-dire des éléments qui existent à l’état libre, des mots simples souvent (dans la composition populaire, ordinaire : un bébé-éprouvette) ; ou des éléments qui ne pourraient pas exister en français à l’état libre (ex : radicaux latins ou grecs) mais pourraient engendrer quand même des dérivés (il existe des dérivations savantes, dont le radical est pris sur le latin).

Il se pose un problème concernant les limites de la composition. L’idée qu’on se fait du mot composé est généralement celle de deux mots accolés par un trait d’union ; mais l’usage du trait d’union est assez aléatoire (portefeuille, mais porte-monnaie) ; ce n’est qu’un signe formel, et rien n’autorise à exclure pomme de terre des mots composés. La limite à envisager est celle qui sépare les mots composés des locutions. On considérera comme mots composés toutes les expressions qui fonctionnent comme des mots simples (traduisibles par des mots simples, comme potatoes ou kartoffeln), et sont constituées d’éléments lexicaux les plus fondamentaux (des noms surtout, quelques adjectifs comme aigre-doux, quelques verbes comme tire-bouchonner [ou tirebouchonner]) ; on appellera « locutions » les autres ensembles, qui concernent les autres parties du discours (adverbes, prépositions, conjonctions…).

 

1) La composition populaire

La composition la plus courante associe deux mots (il n’est pas impossible d’en réunir davantage, mais ce n’est pas la tradition française), qui ont une existence autonome par ailleurs en français. Ils peuvent être soudés on non, reliés ou non (par une préposition), ils sont souvent accolés par un trait d’union. Il y a ainsi en français une grande création de noms composés, quelques adjectifs, et quelques verbes, généralement anciens.

Seul l’usage décide si on met un trait d’union ou non, si on colle les mots ou non : un lieu dit / lieu-dit ou lieudit selon les dictionnaires. Les groupes avec préposition ne prennent pas souvent de trait d’union : une salle à manger, un arc de triomphe, mais un arc-en-ciel.

Sur le plan syntaxique, ces expressions fonctionnent comme des mots uniques, avec une seule fonction. On analyse comme « nom commun ». On expliquera la nature grammaticale originelle de chaque élément, voire sa fonction d’origine, et la catégorie à laquelle on aboutit (attention à des mots comme porte ou garde, qui peuvent être noms ou verbes à l’origine). Par exemple : porte-bonheur = verbe + nom COD > 1 nom commun ; un va-et-vient = 2 verbes coordonnés > 1 nom commun.

Sur le plan morphologique, c’est-à-dire celui de l’orthographe, l’accord dépend de l’origine des composants : un passe-partout est invariable (verbe + adverbe). Il dépend aussi du sens : des gratte-ciel (verbe + nom, mais référence au ciel unique). Des choux-fleurs sont des choux qui sont en même temps des fleurs.

Sur le plan sémantique, l’ensemble forme une unité de sens nouvelle, qui dépasse celle des éléments pris isolément. Il s’agit rarement d’une simple addition (par juxtaposition) comme dans député-maire. L’analyse sémantique nécessite une explication, une paraphrase :

  • un timbre-poste = un timbre vendu par la Poste, et exigé par la Poste pour l’acheminement du courrier
  • un porte-monnaie est un objet (creux, etc.) servant à porter, contenir de la monnaie
  • un gratte-ciel est un bâtiment si haut qu’il donne l’impression de toucher le ciel
  • un laissez-passer (verbe à l’impératif + infinitif COD) est un document officiel enjoignant aux autorités (militaires…) de laisser passer le porteur du document.

On peut être amené à démontrer que certaines expressions où les mots sont détachés fonctionnent comme des mots composés : une pomme de terre – le chemin de fer… On considérera que ce sont des expressions lexicalisées ; on peut conserver cette appellation par prudence si on estime qu’il est abusif de parler de mots composés.

Étant donné que ces éléments sont inscrits dans la mémoire comme des unités, on peut utiliser le critère d’inséparabilité des éléments (les 2èmes noms y sont employés sans déterminant) :

  • *une pomme de la terre, de ma terre
  • *une pomme de terre argileuse, de terre calcaire
  • *une pomme jaune de terre
  • *une pomme pourrie de terre trop humide

On le vérifie avec les mots composés indiscutables : la grand-mère > *une plus grande mère qu’une autre ; une chaise-longue > *une chaise plus longue qu’une autre

Aucun des éléments n’est indépendant, modifiable, susceptible d’une expansion.

Autre critère : l’appartenance à ce qu’on appelle un paradigme, et les essais de commutation :

  • pomme de terre sera associé à carottenavet, etc. (des légumes), et non à poirepêche, + sablegravier… (une poire de sable ?!).

Cas intéressants :

  • Un rez-de-chaussée : y a-t-il des rez qui ne soient pas de chaussée ?… L’usage y a mis des traits d’union.
  • Une expression comme la guerre atomique forme un tout ; mais est-ce un mot composé ? Non, car il y a des guerres qui ne sont pas atomiques ; il peut y avoir une guerre partiellement classique (chimique) et partiellement atomique, etc.
  • On peut réfléchir de la même manière sur hôtel de ville / robe de chambre / tenue de soirée / machine à coudre
  • Exemples d’adjectifs composés : sourd-muet, franco-belge, médico-social, politico-commercial, aigre-doux
  • Verbes : saupoudrer (sel + poudrer), maintenir (manutenere, tenir avec la main), bouleverser (bouler + verser) sont historiquement des verbes composés ; on crée en fait surtout des locutions verbales, comme avoir peur, avoir l’air… Un auteur astucieux peut inventer : les mains ventrecroisées

 

Méthode :

  • Procédé et définition
  • Radicaux originels, natures, lien éventuel (ex : verbe + nc COD, préposition, etc.), éléments de forme (trait d’union, mots collés ou séparés)
  • Nature obtenue
  • Sens obtenu

2) La composition savante

Une certaine variété des mots composés français utilise des emprunts aux langues anciennes qui sont à la base de notre culture, le latin et le grec. Les langues voisines, comme l’allemand, ne connaissent pas ce procédé de formation, ce qui pose des problèmes de traduction. Ce sont des mots dits « savants », médicaux, techniques, scientifiques, philosophiques, etc., qui se forment ainsi. La composition savante (appelée aussi interfixation) se définit donc comme la juxtaposition de deux radicaux (au moins) d’origine latine ou grecque, avec addition éventuelle d’un suffixe (-ie / -iste), qui donnera la catégorie, le genre, et permettra de faire par exemple le tri entre la spécialité et le spécialiste (biologie / biologiste).

Attention : il s’agit bien au départ d’éléments lexicaux autonomes, des mots véritables, des bases (radicaux), et non des préfixes ou suffixes, malgré les apparences. Les éléments d’origine latine ou grecque sont juxtaposés, collés sans trait d’union (on écrit pourtant toujours oto-rhino-laryngologiste, parce que c’est un mot très complexe). Deux éléments peuvent être tous les deux latins, ou tous les deux grecs, ou un latin et un grec. Différents mélanges existent, de même que la présence d’éléments qui relèvent de la dérivation, comme le petit suffixe nominal ou verbal.

Télévision est un mot savant à l’origine, composé d’un mot grec et d’un mot français courant, d’origine latine.

Exemples de composés grecs : anthropologie / thalassothérapie / cryptogame / démocratie / hydrogène / polymorphisme / topographie

On peut noter que quand il faut ajouter une voyelle pour lier les deux mots, c’est la voyelle o. L’orthographe des éléments est de toute évidence grecque (th / ph / y)

Exemples de composés latins : apiculture / multicolore / homicide / ignifuge / calorifère / viticole

On notera que la voyelle de liaison est la voyelle i. Les mots sont proches du français, ou existent en français.

Exemples de mélanges : automobile (grec auto = « soi-même » + latin mobilis > mobilegénocide (du grec genos = « race » + –cide du latin caedere = « tuer ») / polyvalence(grec + latin et suffixe nominal) / antidater, archiplein (grec + mot français)

Méthode :

  • Procédé et définition
  • Radicaux originels, avec précision de la langue originelle, et du sens de ces radicaux dans cette langue
  • Présence éventuelle d’un suffixe additionnel, rôle de ce suffixe
  • Nature et sens du mot complet

Certains de ces éléments sont habituellement utilisés au début ou à la fin du mot (ex : –mane à la fin : mélomane / mythomane / mégalomane ; idem : anti– / archi– au début), ce qui donne l’impression qu’ils entrent dans la construction normale des mots dérivés, mais il ne s’agit pas de dérivation, puisqu’on peut les trouver à l’autre bout :

  • cinéphile / philosophe, philatélie
  • téléphone / phonographe.
  • Le destin des mots savants dépend de leur usage. Ainsi, qui sait encore qu’un copocléphileest un collectionneur de porte-clés ? (années 1960) [pressophile: les fers à repasser anciens / sigillophiliste : les sceaux / ferrovipathe : les chemins de fer / tégestologue : les sous-bocks de bière]. En outre, dès que l’objet, la technique, la science, etc., se popularise, le mot est abrégé : une auto, un vélo, la télé, un stylo, le cinéma (ciné)…

 

Racines latines les plus courantes dans les mots français
racine > signifie, fait penser à racine > signifie, fait penser à racine > signifie, fait penser à racine > signifie, fait penser à
aqua > eau
duc > conduite (ex : aqueduc)
fère > qui porte, contient, procure
fuge > qui éloigne, fait fuir
calori > chaleur
fébri > fièvre
igni > feu
lacti > lait
somni > sommeil
agri > champ
arbori, sylvi > arbre, forêt
api > abeille
avi > oiseau, volaille
conchyli > coquillage (orig. grecque)
horti > jardin
ostréi > huître
puéri > enfant
viti > vigne
grade > la marche
pède > pied
digiti > doigt
carni
 > chair, viande
frugi > fruit
herbi > herbe, végétal
omni > tout
pisci > poisson
vore > qui mange (cf dévorer)
cruci > croix
audio > le son
radio > rayon, rayonnement
cide > qui tue
fongi > champignon
fratri > frère
homi > humain (homo)
parri > père
régi > roi

 

 

 

 

 

 

Racines grecques les plus courantes dans les mots français
racine > signifie, fait penser à racine > signifie, fait penser à racine > signifie, fait penser à racine > signifie, fait penser à
mono > seul
auto > soi-même
poly > plusieurs
hypo > en-dessous
hyper > au-dessus
hémi > demi, moitié
an- > absence
di- > deux
tri- > trois
dia- > séparation
anti > contre
télé > distance
kiné / ciné > mouvement, vitesse
homo / homéo > même
hétéro > différent
hydro > eau
hygro > humidité
aéro > air
géo > terre
bio > vie
lithe (-o) > pierre
pyro > feu
phyto > plante
photo > lumière
hélio > soleil
thalasso > mer
entomo > insecte
phage > qui mange
phile > qui aime
phobe > qui n’aime pas, qui craint
mégalo > très grand
mytho > récit fabuleux
mélo > musique
mane > obsession, folie
gène > naissance, origine
anthropo > homme (espèce)
andro > homme (mâle)
gyné(co) > femme
morpho > forme
crate > puissance
arque / arch(i) > prééminence
aristo > le(s) meilleur(s)
géronto > vieux
plouto > riche
démo > peuple (sens politique)
géno > peuple, race (ethnique)
logue > étude, science
pathe > état
thérap- > soins
psycho > esprit
graphe (-o) > l’écrit
phone (-o) > le son

 

3) Les locutions

Des unités complexes mais figées, fonctionnant comme des mots simples, constituent des formes lexicalisées (entrées dans la mémoire du sujet parlant) qu’on appellera locutions. Ces locutions concernent les catégories les plus grammaticales (adverbes, prépositions, conjonctions, etc.) ainsi que les verbes, très rarement les noms :

  • Le qu’en-dira-t-on, un m’as-tu-vu sont des locutions nominales, parce qu’elles comportent plus de trois éléments ; ils s’agit de phrases substantivées par conversion.
  • Avoir peur, faire partie, prendre garde, etc., sont quelques exemples des très nombreuses locutions verbales qui reposent sur un verbe opérateur suivi d’un nom COD qui n’est plus à analyser comme tel.
  • En effet, sur le champ, tout à coup, peu à peu… : locutions adverbiales.
  • Autour de, grâce à, au fur et à mesure de… : locutions prépositives.
  • Afin que, parce que, étant donné que… : locutions conjonctives.
  • Bonté divine ! Sacré nom d’une pipe !… : locutions interjectives, mots-phrases.

III – PROCÉDÉS NON CLASSIQUES

Certaines formations de mots peuvent être considérées comme accessoires, soit parce qu’elles sont rares, soit parce qu’elles sont simples, voire simplistes, ou qu’elles ne suivent pas les règles fondamentales de la formation d’un mot à partir d’éléments lexicaux déjà existants, règles qui permettent une richesse pratiquement infinie de création.

 

1) Les onomatopées

L’onomatopée, c’est l’imitation d’un son : C’est un procédé qu’on peut qualifier de primitif, pas si rare qu’on le croit pourtant.

le glouglou de l’eau / le tic-tac d’un réveil / un crin-crin / une teuf-teuf… (noter la répétition très fréquente) ; les verbes miauler, croasser… ; claquer, cliqueter, chuchoter aussi, etc.

Il s’agit là de la création la plus primitive, susceptible de nous faire remonter à la préhistoire. Beaucoup de nos onomatopées remontent d’ailleurs au latin (où murmur évoquait un fracas), au grec (où la grenouille faisait déjà koax), voire à l’indoeuropéen (où le tonnerre évoquait le bruit de la corde tendue de l’arc). Elle est aussi remarquable dans le langage, car c’est la seule formation où l’on puisse dire que les signes sont motivés et non arbitraires (malgré l’opinion de Saussure), c’est-à-dire que les mots sont en liaison avec une réalité, alors que tous les autres mots ne sont en liaison qu’avec le système de la langue elle-même. Bien sûr, cela n’est possible que dans le domaine auditif : comment représenter auditivement une image, ou une abstraction ? A la rigueur, piquer, picoter font image, en associant des sensations. On peut rajouter des termes abstraits et pourtant imitatifs, comme l’adjectif gnangnan, dont le féminin est problématique…

L’imitation est toujours imparfaite, et il faut garder à l’esprit qu’elle est en liaison avec le phonétisme de la langue. La preuve en est que le coq fait cocorico en France, kikeriki en Allemagne, chichirichi [kikiriki] en italien, kokekokko en japonais, kukeleku en hollandais, wouwouwou en chinois (le chien aussi…), ou cock a doodle doo en Angleterre…

Les onomatopées se multiplient dans la langue des enfants ; certains élèves peu littéraires, médiocres lecteurs, mais téléspectateurs assidus, écriront en rédaction :

« Un grand boum retentit alors dans la rue. » (Ils ne connaissent pas explosion, détonation, déflagration…)

Une mère a dit à son fils : « Tu t’es fait aïe ? ».

On peut relier à l’onomatopée et au langage des enfants un autre procédé sur lequel nous ne nous attarderons pas : la réduplication, qui consiste à redoubler une syllabe : bonbon,dodo

 

2) Les mots-valises, le télescopage

Le terme « mot-valise » est une traduction – assez peu heureuse – de l’anglais portmanteau word, inventé par Lewis Caroll pour désigner certains mots composés nouveaux (ou nouvellement étudiés) qui se replient comme s’ils étaient rangés dans ces grosses malles de voyage qu’on appelait autrefois en anglais des porte-manteaux, où l’on empilait puis repliait les vêtements.

C’est un procédé assez peu fréquent, marqué par une intention, souvent humoristique ou satirique, qui consiste à prendre le début d’un mot et le coller à la fin d’un autre, d’autant plus facilement qu’ils contiennent une syllabe commune, ou même une seule lettre, à la soudure. Un élément est souvent retranché, à la fin du premier ou au début du second.

  • Ainsi, le linguiste et humoriste Etiemble a écrit un livre sur le franglais (français + anglais).
  • Rabelais se moquait des sorbonagres (Sorbonne + onagre [variété d’âne]).
  • L’écrivain Céline a inventé ironiquement goncourtiser avec Goncourt + courtiser.
  • Montherlant : baratartiner (baratiner + tartiner).
  • Alfred Jarry : instintestin = instinct + intestin.
  • On parle de stagflation pour stagnation + inflation.
  • Dans le langage snob d’aujourd’hui, on utilise foultitude (foule + multitude).
  • De l’étranger, transistor = transfer + resistor.
  • Sciences et techniques : cybernation = cybernétique + automation / technétronique = technologie + électronique.
  • Arthur Rimbaud a inventé abracadabrantesque : peut-être un téléscopage entre abracadabrant et éléphantesque ?
  • Les canadiens font du clavardage (clavier + bavardage) par ordinateur interposé, quand nous passons notre temps à « chatter » (prononcez à l’anglaise « tchatter »).

 

3) L’abréviation

L’abréviation consiste à tronquer un mot, en n’en gardant que le début ou la fin (pas de règle véritable), tout en conservant en principe le sens de l’ensemble.

C’est un procédé économique pour la mémoire, courant dans la langue familière, surtout quand un mot est long et compliqué (savant). Ainsi, qui dit encore le cinématographe, unstylographe, un vélocipède, une automobile, un pneumatique, un autobus, du supercarburant, regarder la télévision, passer son baccalauréat, faire des photographies… ? Ou bien lechemin de fer métropolitain de Paris (métro) ? On dit aussi un prof, aller à la fac, aller à une manifse coucher à deux heures du mat’

La langue a développé dans les abréviations un pseudo-suffixe populaire -o : un mécano (mécanicien), un prolo (prolétaire), un apéro (apéritif), aller à l’hosto (hôpital)… ; on a aussi unpolar, le cinoche

Quand on analyse un peu en finesse, on s’aperçoit que la connotation du mot abrégé n’est pas forcément identique à celle du mot complet (l’hôpital / l’hosto), et qu’on aboutit même parfois à un sens différent, spécialisé :

  • une interro = une interrogation écrite
  • une promo = un ensemble de candidats admis la même année (et non un avancement dans un poste ou un grade)
  • la micro = la microinformatique

Les abréviations entrent dans l’usage comme des mots à part entière, et permettent des composés (pourquoi pas des dérivés ?) :

  • autobus > bus > abribus, bibliobus
  • automobile > auto > autoroute, autoradio, auto-école, auto-stop

 

4) La siglaison

Les sigles sont formés de lettres initiales, utilisées en majuscules, en principe suivies d’un point, que l’on oublie souvent. Ils peuvent appartenir à la langue courante ou aux langages spécialisés. Ils se multiplient aujourd’hui à grande vitesse, et on a parfois du mal à les comprendre si on n’est pas initié : les O.G.M. (Organismes Génétiquement Modifiés) / lesD.I.B. (Déchets Industriels Banals), etc.

Quand ils sont bien passés dans les moeurs, ils deviennent de véritables mots, généralement noms communs, et cela d’autant plus qu’on a cherché à les rendre prononçables comme des mots normaux (C.I.E.L. = Centre International d’Etude des Langues) ; souvent, on est incapable de reconstituer la locution entière (radar, laser). Ils deviennent susceptibles de prendre des suffixes de noms, voire de verbes, d’adjectifs, d’adverbes, donc de former des dérivés :

  • la SNCF (pas de dérivés)
  • la RATP (> un ératépiste, selon Queneau)
  • la CGT > un cégétiste
  • l’ONU > onusien
  • le DEUG, un BTS, un DUT
  • le CAPES > un capésien
  • le SMIC > un smicard
  • le RMI > un érémiste
  • l’ENA > un énarque
  • le Sida (Syndrome Immuno-Déficitaire Acquis) > (un) sidéen (ou sidatique, mais pas sidaïque !)
  • radar et laser sont aussi des sigles au départ, aujourd’hui écrits sans majuscules.
  • De même, les partis politiques : le PR, le RPRl’UDF, le PS, le PC

Un anti-cégétiste pourrait dire qu’il faut décégétiser, un pro-cégétiste qu’il faut recégétiser… ; on peut inventer onusiennement parlant, etc.

Quand la sonorité des sigles s’y prête, on peut créer nombre de nouveaux mots par dérivation.

 

5) Les emprunts

L’emprunt aux langues étrangères n’est pas un procédé nouveau, loin de là : à toutes les époques, toutes les langues ont toujours enrichi leur lexique par des emprunts à des langues culturellement influentes ; aujourd’hui, c’est surtout l’anglo-saxon qui domine, mais ce n’est historiquement qu’un prêté pour un rendu.

Au départ, un emprunt est souvent un xénisme : un mot étranger utilisé pour désigner une réalité étrangère (un goulag)

La particularité de l’emprunt, c’est qu’il ne se fonde pas sur des éléments préexistants dans la langue ; les mots étrangers s’intègrent dans la langue comme des mots isolés, avec ou sans adaptation phonétique ou orthographique (riding coat > redingote ; mais week-end reste inchangé). Les emprunts dépendent énormément de la situation (culturelle, politique…). Ils correspondent à des domaines où le français ne possède pas de formes appropriées, pour désigner des réalités nouvelles : jazz, rock, football… Parfois, une réaction aboutit à une francisation : walkman > baladeur (terme lancé par la FNAC).

Des termes comme pressing, parking, jogging, tous ces mots d’apparence anglaise qui fleurissent aujourd’hui dans notre lexique ne sont pas des emprunts, puisque les anglo-saxons ne les connaissent pas ! Il faut les considérer comme des dérivés français, le radical étant anglais, l’élément -ing étant un suffixe d’importation, comme en d’autres temps nous avons importé les suffixes italiens -ade ou -esque. En anglais, une forme substantivée en -ing ne peut jamais posséder un référent concret comme celui de parking, elle reste ce qu’on appelle un déverbal.

On pourrait rajouter qu’il existe aussi des emprunts de sens, comme pour challenge (passé de « compétition sportive » à « défi »), réaliser (« effectuer » > « constater la réalité »),excitant (exciting = « passionnant »)… Voire des emprunts de syntaxe : considérer utilisé sans comme : On considère le mark la monnaie la plus stable de l’Europe (lu dans un journal d’enseignants !)

Dans le vocabulaire sportif, invincible signifie « invaincu »et l’invincibilité d’une équipe, c’est son caractère invaincu, depuis… 3 ou 4 semaines ?? De même, ou pire : l’adversité a progressé (authentique) ne nous plonge pas dans les affres de la tragédie antique, mais signifie que l’adversaire a progressé ! Ce sont là d’amusants enprunts à l’intérieur de la même langue, comme si elle fonctionnait comme une langue étrangère…

Bref, les procédés de création de mots nouveaux, les néologismes (la néologie), sont multiples. Et les créations sont nombreuses : chaque année, l’Institut National de la Propriété Industrielle examine 45 000 mots nouveaux dont les inventeurs voudraient qu’on leur garantisse l’exclusivité d’emploi !

Exemples :

  • Un appreneur (en psychopédagogie) ; les parents d’élèves sont devenus des géniteurs d’apprenants dans certains textes officiels, comme l’échec scolaire devient le parcours de réussite, le ballon un référentiel bondissant, les femmes de ménage des techniciennes de surface
  • la clim
  • la CDgraphie
  • concubiner (pacser)
  • body-buildé
  • pédéger
  • marabouter
  • une caviateria (caviar)
  • Les enfants modernes sont-ils entièrement Harry-Potterisés ?..

 

 

 

 

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